Ce que vous avez (peut-être) manqué dans Pirates des Caraïbes

Ah!!!!! Pirates des Caraïbes (nous dirons PoC pour aller plus vite, de l’anglais Pirates of the Caribbean), ce monument du cinéma. Et oui, et si vous pensez le contraire, alors c’est que vous n’avez aucun goût. La trilogie (on ne parle pas du 4 et du 5 qui se passent de commentaires) de PoC allie à la fois aventures, personnages hypers intéressants et attachants, humour, mythologie, scénario plutôt pas mal, action…bref….la liste est longue, mais c’est génial! Dans cet article, je vais exposer quelques points que vous avez peut-être ratés en regardant ces trois films géniaux. Néanmoins, comme vous vous en doutez, je vais devoir évoquer les éléments de ces films, donc je risque de spoiler. Par conséquent, si vous n’avez pas vu ces films (ben déjà….cassez-vous, je ne veux pas de lecteurs ou lectrices suffisamment incultes pour ne pas avoir vu ces films) vous risquez de vous voir allègrement spoilés!

La trilogie était prévue (potentiellement) dès le premier film :

Alors c’est une chose assez scandaleuse, mais la version française du premier film contient une erreur de traduction assez monumentale. Lorsque Will Turner est prisonnier à bord du Black Pearl avec l’équipage de Jack, il parle à Pintel et Ragetti, le duo de pirates comptant le petit gros dégueux et le borgne à l’oeil de verre. Durant cet échange, Will demande ce qu’est devenu son père. Pintel lui narre l’histoire en lui disant qu’ils l’ont jeté à la mer, où il a rejoint Neptune (le dieu de la mer). Or, dans la version anglaise (donc originale) il n’est absolument pas question de Neptune, mais bel et bien de Davy Jones. Sans doute le traducteur (CE GROS NUL) s’est cru plus malin que tout le monde en ne voulant pas faire de traduction littérale. Le mec s’est dit : »Tiens, c’est vrai que les français, ces cons, ils ont zéro culture, donc Davy Jones, vont pas connaître ces cons. Je vais remplacer par Neptune, ce sera plus cool. Et puis le sens, on s’en fout, c’est du Disney, c’est pour les gamins, on s’en bat les c ».

Pintel_and_Ragetti_Headshot

Bref, le fait que dans la version originale, Pintel dise bel et bien « Davy Jones » nous indique que l’idée de la suite avait déjà fait son petit bonhomme de chemin lorsque le premier film est sorti.

Les arrivées de Jack Sparrow :

Alala, tellement géniale l’arrivée du personnage : musique magistrale, air cool au possible et bien entendu, bateau qui prend l’eau, histoire de nous rappeler que Jack Sparrow oscillera toujours entre classe et bouffonnerie.

Alors ce qui suit est un exemple d’effort de réalisation, comme quoi, regarder des critiques de films a fini par porter ses fruits 😀  Dans le tout premier film, Jack arrive donc sur un navire, regardant au loin, mais plus exactement vers la gauche de l’écran. Ainsi, le personnage est introduit de cette manière dans le film qui débute la saga. Or, dans le troisième film, qui clôture la saga (oui je vous ai déjà dit, le 4 et le 5, ça ne compte pas) Jack, dans l’antre de Davy Jones, arrive à nouveau sur le mat d’un navire, exactement dans la même posture qu’au début du premier film, mais cette fois le regard tourné vers la droite de l’écran. Dans le premier film Jack regarde donc d’un côté, et regarde de l’autre côté dans le troisième et dernier film. Croyez-le ou pas, j’ai trouvé ça moi-même (#trop fier).

Scène film 1

Scène film 2

Bon je vous concède que la direction dans laquelle regarde Jack…..faut les yeux de la foi pour se dire que c’est à gauche dans un film et à droite dans l’autre, mais bref 😛

 

L’épée de Norrington :

On a là sans doute une des choses les plus élégantes de toute la trilogie qui montre à quel point les scénaristes avaient de la suite dans les idées et ont caché plein de choses de-ci delà. A la base, Will Turner est forgeron. Au début du premier film, il livre à la maison d’Elizabeth l’épée qu’il a fraîchement forgée et qui est destinée au commodore Norrington pour sa récente promotion militaire (<==assez subtile comme j’appelle ça, sachant que je n’ai aucune idée de ce dont il s’agit en terme de cérémonie et que j’ai la flemme de chercher).

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Cette épée, le commodore la laissera derrière lui lorsqu’il abandonnera son poste. Mais à la fin du deuxième film, retrouvant ses fonctions, Beckett lui restituera l’épée. Finalement, dans le troisième film, Davy Jones récupérera l’épée sur la dépouille de Norrington pour enfin transpercer le coeur de Will avec à la fin du film. Et la boucle est bouclée : William Turner, forgeron de cette épée dans le premier volet de la trilogie, se retrouve le coeur traversé par elle dans le dernier volet. D’ailleurs, pour pousser la symbolique on peut aller plus loin. Will manque de mourir à cause d’une arme symbolisant la compagnie des Indes, mais il survit en transperçant à son tour le coeur de Davy Jones grâce à l’épée brisée de Jack Sparrow, symbolisant la piraterie. Ainsi, Will manque d’être perdu à cause de « l’Ordre » et c’est la piraterie qui le sauve (tain mais je savais que toutes ces heures à faire des commentaires littéraires serviraient un jour!!!!).

La manoeuvre de Jack pour prendre le large :

Dans la premier film, Jack vole l’intercepteur, un navire de la compagnie des Indes, avec l’aide de Will. Or, ce bateau nécessite un équipage complet pour quitter le port. Par conséquent, ils font semblant de voler un autre navire. La compagnie des Indes arrive donc en bateau et les aborde, nos deux amis changent de navire et arrivent sur l’autre, parés à faire voile vers le large. Au moment où il comprend la supercherie et constate que Jack a saboté le gouvernail pour empêcher toute poursuite, le second du commodore Norrington s’exclame que Jack est sans doute le meilleur pirate qu’il n’ait jamais vu.

Cette scène répète dans la dernier film. En effet, dans le troisième film, après que Jack ait conclu un pacte avec Beckett, il quitte le navire de celui-ci en s’accrochant à une corde dont le moteur de traction est un canon qu’il fait tirer. En tirant, ce canon détruit le mat du navire, empêchant la navire de Beckett de potentiellement suivre Jack Sparrow. En voyant le mat tomber, le militaire aux côté de Beckett (qui s’avère être le second de Norrington) s’écrit « établit-il un plan à l’avance, ou improvise-t-il au fur et à mesure? ». hors contexte, ça peut paraître un peu con, mais passé la surprise de l’action tête brûlée de Jack, je trouve que c’est tout de même assez génial de ramener le même personnage (le fameux second de Norrington) pour faire cette remarque. Et honnêtement, est-ce qu’un seul d’entre vous avait fait attention au fait que sa remarque fait justement complètement écho à celle du premier film? 😀 (Ah! On me dit dans l’oreillette que je suis un gros looser pour remarquer ce genre de trucs).

Voilà le dit passage (en français en plus!!!) :

Jack n’est pas si roublard que ça :

Nous avons tous l’image d’un Jack Sparrow manipulateur et sournois qui passe son temps à trahir son monde. Néanmoins, si on revient au premier film, c’est amusant de constater qu’en réalité, c’est Jack qui se fait trahir en premier lieu. Pour rappel, Elizabeth est enlevée par les pirates du Black Pearl. Will, voulant la secourir, libère Jack de prison afin qu’il l’aide à voler un navire pour partir à leur poursuite.

Lorsque Jack et Will parviennent dans la grotte des pirates, Jack dit à Will de l’attendre pendant qu’il va marchander avec eux. Will le trahit quelques minutes après, pensant que Jack tenterait de l’utiliser. Cette trahison crée un rebondissement dans le scénario mais qui occultera la véritable intention de Jack. Pour rappel, juste avant de le trahir, Will lui fait part de son tourment, et Jack lui répond, presque sur un ton de reproche, qu’il ne lui a jamais donné de raison de se défier de lui. Cela peut paraître anodin, mais dans la saga, effectivement, c’est Jack qui se fait trahir en premier et non pas lui qui trahit un des autres héros.

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Bon on peut ajouter à cela le fait qu’Elizabeth le trahit à la fin du deuxième film lorsqu’il revient pour les aider à lutter contre le Kraken et qu’à la fin de la trilogie, à l’exception de Gibbs, tout son équipage le trahit à nouveau. #jesuisjacksparrow

Calypso :

Dans l’histoire, Davy Jones, le grand méchant, a une jolie tête de poulpe car il est maudit pour ne pas avoir tenu ses engagements vis-à-vis de la déesse des océans, Calypso, dont il est amoureux. Je ne sais pas comment vous aviez vu les choses lors de votre premier visionnage de la saga, mais en ce qui me concerne, cela a été une surprise de découvrir au milieu du dernier film que Calypso était Tia Dalma, la sorcière à qui Jack a dérobé son compas. Lorsque nous la voyons pour la première fois, elle raconte une partie de l’histoire de Davy Jones (nous ne savons pas qu’elle est Calypso à ce moment). Et lorsqu’elle demande s’ils savent de qui Davy Jones était amoureux, voilà ce que répond le groupe présent et la réponse que leur fait Tia Dalma :

Jack : Une femme
Tia Dalma : Une femme fatale. Il tomba amoureux!
Gibbs : Non non, on dit que c’est de l’océan qu’il est tombé amoureux
Tia Dalma : Même histoire, différentes versions et elles sont toutes vraies. C’était bien une femme comme moi. Aussi changeante et dure et aussi indomptable que l’océan. Jamais son amour pour elle ne s’éteignit, il lui était devenu impossible de vivre tellement il souffrait… Mais il ne souffrait pas assez pour mourir !

Grâce à cette dernière réplique, c’est assez fantastique car Tia Dalma nous dit que non seulement c’est d’elle que Davy Jones était amoureux mais qu’également, qu’elle est Calypso (Davy Jones est amoureux d’une femme, il est amoureux de l’océan, donc cette femme c’est l’océan, gnagngagna la symbolique, bref, vous voyez l’idée ^^). Ainsi, au début du deuxième film, nous savons déjà tout cela indirectement et ce qui tiendra un rôle majeur dans le troisième film.

Enfin, pour finir sur cette charmante sorcière, lorsque nous la voyons pour la première fois et qu’advient sa rencontre avec William Turner, elle lui dit :

Toi! Toute ta vie sera guidée par un Destin tellement plus fort que toi, William Turner!

Et ainsi, elle nous spoile la fin du troisième film dans laquelle Will Turner devient le capitaine du Hollandais volant ^^

La symbolique :

A la fin du deuxième film, la Kraken dévore Jack Sparrow avec son navire. Cet élément est important car dans le troisième film, Tia Dalma nous explique que Jack a été emporté « corps et âme » ce qui est à prendre dans le sens littéral et pas seulement figuré. En effet, le Black Pearl représente l’âme de Jack Sparrow, qui a été dévorée par le Kraken, représentant lui l’âme de Davy Jones (c’est pour cela que Beckett dit que l’immatériel est à nouveau immatériel lorsqu’il fait tuer le Kraken par Davy Jones).

Mais je vais donc reformuler tout ça pour que vous puissiez prendre la pleine mesure de la beauté de la chose. Je vous rappelle que dans l’histoire, Jack Sparrow doit 100 âmes à Davy Jones car ce-dernier a remis à flot le Black Pearl. Ainsi, Davy Jones sauve l’âme de Jack Sparrow, mais elle lui appartient tant qu’il n’a pas été remboursé. Le Black Pearl est le vaisseau le plus rapide, ce qui représente le fait que personne ne pourra attraper ou rattraper Jack Sparrow (et oui, puisque le bateau représente son âme, et sa fameuse punchline « souvenez-vous de ce jour comme celui où vous avez bien failli capturé le Capitaine Jack Sparrow ») et c’est pour cela qu’il tient tant à ce vaisseau. On a donc une image dans le monde physique : Jack Sparrow est impossible à rattraper dans ce monde, et inatteignable dans le monde immatériel car son âme est le Black Pearl. De plus, on voit sa hantise du Kraken pour une raison physique : le monstre marin est la seule chose qui puisse rattraper le Black Pearl (c’est d’ailleurs comme ça que Davy Jones parvient à « gagner » à la fin du deuxième film), et dans le monde immatériel, ce Kraken représente l’âme de Davy Jones qui pourchasse celle de Jack.

Conclusion :

En toute honnêteté, lorsque l’on sait que le premier film a vu le jour pour donner une raison d’être à une attraction de Disney Land Paris, ça laisse songeur. Néanmoins, j’espère que j’ai réussi à vous montrer que ces trois films regorgent d’éléments très intéressants, autant dans leur forme que dans leur fond. J’espère également que si jusqu’à présent, ces films n’étaient pour vous que des divertissements pour les enfants, vous y voyez à présent un peu plus de profondeur, et si ce n’est pas le cas, puisse Davy Jones avoir pitié de votre âme 😉

 

A bientôt,

H

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