Le pouvoir d’achat et de l’inutilité

Depuis plusieurs années, j’entends partout aux informations, durant les campagnes politiques et les débats télévisés, que le pouvoir d’achat des Français diminue. De la compréhension d’ignare que j’en ai, cela signifie que le coût de la vie (nourriture, loyer….) augmente plus rapidement que n’augmente le salaire moyen de la population. Partant de ce constat, nous allons nous intéresser à certaines dépenses. En effet, si notre société et nos foyers ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts, il semble judicieux de s’intéresser à ce qui occasionne des dépenses dans notre vie.

Pouvoir-achat-immobilier-disparites-augmentent-F

Il ne sera pas question ici des mille et une astuces pour payer moins cher la nourriture et autre nécessités de l’existence. Il s’agira davantage de s’intéresser à quelques catégories de produits pour lesquels nous dépensons au final beaucoup d’argent, sans que cela soit nécessaire. Bien entendu, chacun est libre de faire ce qu’il entend de son argent. Cependant, il peut-être intéressant de questionner la nature de certains achats qui, ponctuellement sont dérisoires, mais sur une année, peuvent représenter une somme d’argent notable.

Les jeux à gratter :

histoire-cartes-a-gratter

Alala…..ce fléau. Pour faire simple, l’objectif de la française des jeux (FDJ) est de réaliser un bénéfice. Partant de là, il semble logique que sur l’ensemble des joueurs, une majorité perdra, afin que les organisateurs de tout cela soient gagnants au final. Bien entendu, il arrivera ponctuellement que vous gagniez, mais sachez qu’au final, la FDJ est la grande gagnante de ce racket organisé. De mon point de vue, ce que je trouve le plus navrant est le fait qu’ils savent pertinemment que ce sont généralement les classes sociales les plus pauvres qui joueront le plus….en soi, c’est prendre de l’argent à ceux qui en ont déjà peu. Je ne ferai pas de calcul sur ce que cela coûte car c’est très variable d’une personne à l’autre, mais bon….payer pour un prix qui a très peu de chance d’arriver un jour, sans aucune autre compensation, c’est vraiment jeter son argent par les fenêtres…ou plutôt, en faire cadeau à la FDJ.

Les cigarettes :

Un paquet de cigarette coûte environ 7€. Pourvu que vous en fumiez ne serait-ce que deux par semaine, cela fait 14€/semaine, soit environ 80€/mois et 728€ sur l’année (et je ne compte pas le prix de briquet). Ce qui intéressant, c’est qu’en plus, cela est nocif pour la santé et celle des gens alentours. En outre, étant donné les maladies que cela engendre, cela coûte également très cher à notre service de santé.

Cigarette-et-piqure-de-moustique-696x464

Heureusement, dans les 10 dernières années, la tabagisme n’a fait que reculer il me semble. Mais bon….on est quand même dans une sacré catégorie : payer pour flinguer sa santé.

L’alcool :

L’alcool n’est pas nécessaire à notre santé, et consommer de manière régulière et/ou en grande quantité, il est également très nocif. Si vous en achetez pour votre consommation personnelle, vous savez que cela fait partie des produits qui augmentent grandement l’addition lorsque vous passez en caisse. Cependant, je pointe du doigt l’activité consistant à se réunir au crépuscule dans les bars afin d’y faire des concours de lever de coudes. En moyenne, une pinte (un demi litre) de bière coûté 5€. Ce prix est susceptible de changer selon l’heure à laquelle vous vous y rendez, la ville, le bar et la nature de ce que vous commandez. Parmi les populations étudiantes et actives, une large part de ces-dernières s’adonne hebdomadairement à des sorties type afterwork ou entre amis. Une personne y consomme en moyenne 2 pintes, soit 10€. En retirant les 5 semaines de congés payés, cela fait environ 470€ par an.

dependance-alcool

Mais ce nombre n’a en réalité pas grande valeur. Parmi mes connaissances, j’ai vu beaucoup de cas. Si vous vous sentez concerné par l’un d’eux, alors interrogez-vous sur vos réelles motivations pour payer régulièrement de l’alcool afin de prendre place dans les bars.

Le buveur modéré :

Généralement, cette personne ne sortira pas plus d’une fois toutes les 2 semaines. Elle ne consommera qu’UNE et UNE seul bière si celle-ci est commandée durant l’happy hour (généralement de 18h-20h, période durant laquelle les pintes coûtent 1€ de moins). Après cette bière, si cette personne n’est pas encore rentrée, elle consommera au mieux un diabolo menthe ou un jus de tomate, n’excédant pas 2.50€.

Généralement, cette personne alloue au budget bière une somme qui reste du domaine du parfaitement raisonnable.

Le buveur occasionnel mais immodéré :

Il s’agit là d’une personne qui, elle aussi, sort une fois toutes les deux semaines. Pleine de bonnes intentions, elle a en tête de ne pas dépasser  deux bières, achetées durant l’happy hour. Seulement voilà : arrive la fin de l’happy hour, mais l’enivrement aidant, l’envie d’une troisième bière, voire d’une quatrième, se fait sentir.

Vous l’aurez compris : le vice de cette catégorie est qu’une fois saoule, elle ne sait plus s’arrêter et dépense en une soirée des sommes astronomiques en alcool.

Le buveur régulier mais modéré :

Il s’agit là d’une bon copain de boulot qui propose très régulièrement « une petite chopine après l’boulot ». Et lorsque vous vous rendez compte que le lundi, il sortait pour l’anniversaire de son meilleur ami, le mardi pour fêter le départ d’un pote, le mercredi parce qu’il a pris un verre avec le club d’escalade, le jeudi car soirée étudiante oblige, et le vendredi car « fin de semaine », vous vous dites qu’il y passe pas mal de temps dans les bars.

J’ai eu un ami qui était caractérisé par ça : durant un peu plus d’un an, il passait pratiquement toutes ses soirées avec ses collègues. Et il s’avère qu’il sortait entre 3 à 5 soirs par semaine, commandant 2 bières chaque soir. Son repaire était un bar proposant les bières à 3€. Donc sa semaine (sans compter des fêtes le weekend) lui revenait à 24€ de bière, soit 100€ par mois environ. Ce qui est amusant, c’est qu’il a souvent fait remarquer qu’il avait justement du mal à finir le mois.

Bref, vous l’aurez compris : essayez de garder en tête vos dépenses de bar pour que celles-ci restent correctes.

L’ère du numérique :

Maintenant, tout le monde a un téléphone portable et un ordinateur, portable ou fixe. Je ne remets pas en question la nécessité de ces objets : à l’heure d’Internet, vouloir vivre sans une connexion à Internet et sans téléphone mobile est encore possible, mais très difficile. Cependant, un ordinateur à 400-500 € peut faire un très bon travail durant 3 voire 5 ans. Idem pour un téléphone qui, avec un abonnement, sera gratuit ou presque. Alors pourquoi acheter chaque année un nouveau téléphone 600€? Ou tous les deux ans un ordinateur à 1000€? A cela s’ajoute les tablettes, qui au final sont des hybrides entre ordinateurs et téléphone, les montres connectées etc.

Bien entendu, tout le monde ne d’adonne pas à ce type de dépenses. Cependant, si vous êtes concernés et que vous ne roulez pas sur l’or, je vous invite à faire le compte, sur les deux dernières années, de ce que vous ont coûté vos équipements numériques.

Les vêtements :

Aie aie aie….un des grands maux de notre siècle. Avec le développement d’enseignes comme H&M, Zara, Jennyfer s’est développé le concept d’habit jetable. En effet, ces marques proposent un renouvellement fréquents de leurs produits à des tarifs relativement abordables. Or, la qualité n’est bien entendu pas mirobolante à côté de vêtements de meilleures factures et la production est assurée bien évidemment à l’étranger par des travailleurs qui ne touchent sans doute pas le SMIC. Ce qui peut sembler avantageux pour le consommateur est que ses vêtements seront peu chers et à la mode. L’inconvénient est que la qualité moindre des vêtement pousse à leur fréquent remplacement. Or, entre un T-shirt à 7€ qui dure un an et un 30€ qui en dura 8…..peu-être mieux vaut-il investir sur la durée.

Ainsi, n’achetez pas trop de vêtements. Posez-vous une question simple : en ais-je réellement besoin? Cela fera plaisir à votre porte-monnaie.

Manger dehors :

De plus en plus se développe le système de livraison à domicile. Mais la fréquentation de fast food et de restaurant n’est pas en reste. Seulement il faut se rappeler que toutes ces choses ont un coup. Par exemple, si vous allez manger des sushis, vous en aurez pour 16€ pour un plat. Si on ajoute à cela une boisson ou un dessert, on est aux alentours de 20€, soit 4 repas que vous auriez pris chez vous. Je ne dis pas qu’il ne faut pas se faire plaisir, mais gardez à l’esprit que manger dehors, même dans des fast food normalement low cost, vous coûtera généralement plus cher que de manger chez vous.

Les abonnements inutiles :

Que ce soit l’abonnement à la salle de sport à laquelle vous avez mis les pieds une fois en un an, l’abonnement à un bouquet de chaînes que vous ne regardez pas, à un sport que vous n’aimez pas, à une revue que vous ne lisez pas, sachez vous délester de tout cela car au final…il s’agit là aussi d’argent gaspillé.

Le mot de la fin :

Pour achever cet article, je pense qu’il ne faut pas vivre de manière sectaire en se refusant toute forme de plaisir. Cependant, je pense que parmi la majorité des gens, chacun est concerné par au moins deux des catégorie citées là. Si vous avez largement assez d’argent pour vivre, alors continuez : vous faites marcher le commerce. En revanche, si vos fin de mois sont parfois difficiles et que vous avez l’impression de ne passer à côté de choses qui vous feraient envie par manque de moyens, alors intéressez-vous vraiment à la destination de votre argent! Si en une année, vous dépensez 600€ en bar, 500€ en vêtement et que vous payez une salle de sport 500€  à laquelle vous n’allez pas, et bien c’est facile. Au lieu de boire deux bières, n’en buvez qu’une. Allez à Emmaüs pour vos vêtements : leurs modèles sont un peu vieux, mais indémodables et sont très très bon marché en plus de tenir sur la durée. Et enfin, résiliez votre abonnement à la salle de sport. Vous économiserez un peu plus de 1000€ sur l’année. Ça vous offrir le billet d’avions pour les caraïbes et une partie du séjour!

Pour conclure, je dirais cela : nous vivons dans une société où l’image qu’on renvoie aux autres est très importante. Que ce soit facebook, instagram ou tout autre réseau social, l’image qu’on renvoie aux autres est toujours là. Mais si votre plaisir à vous, c’est refaire le monde avec les copains aux coins du bar, et bien dépensez votre argent ainsi. Si c’est découvrir le monde, alors économisez pour de beaux voyages. Si vous adorez la mode, alors faites-vous plaisir avec de beaux vêtements, mais également une qualité à la hauteur de votre passion. Mais ne cherchez pas à dépenser votre argent inutilement pour impressionner des gens qui ne comptent pas pour vous ou que vous ne connaissez même pas, ne cherchez pas à employer cet argent pour faire plaisir à des inconnus ou à une société consumériste et en somme, avouons-le, matérialiste et superficielle.
Je finirai sur cette phrase du film Fight Club : Nous achetons des choses dont nous n’avons pas besoin avec de l’argent que nous n’avons pas pour impressionner des gens que nous n’aimons pas.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s