Tu es là, et c’est déjà ça : un rappel pour nos choix politiques et nos vies!

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         En cette période agitée politiquement, en ces temps troublés de débats, d’échange d’idées, parfois de plus ou moins bonne foi, je souhaitais écrire un petit article afin de rappeler quelques idées simples. Sachez que je ne prétends nullement donner des leçons ici, mais plutôt, rappeler à chacun quelques vérités et faits qu’il est bon de garder à l’esprit lorsque l’on se lance sur la glissante pente de la défense d’intérêt ou la revendications de droits. (cette introduction est pompeuse au possible, j’espère ne pas vous avoir endormi(e)s!)

         Dans cet article, je présenterai de manière schématique le fonctionnement de notre système politique et la manière dont le citoyen s’inscrit dans celui-ci. Puis, j’expliquerai sommairement comment un citoyen, par ses actes et son vote, se positionne par rapport aux courants politiques et enfin, j’en viendrai à l’objet principal de cet article : la prise de conscience de ce que nous avons.

     Tout d’abord, il faut se mettre d’accord sur le principe de base qui oppose les programmes des différents candidats à l’élection présidentielle. Chaque candidat présente un programme qu’il devra, s’il est élu, mettre en application. Au sein de ce programme, sont explicités, en théorie, les mesures, réformes, « révolutions » que le candidat souhaite mettre en oeuvre. L’objectif étant, en théorie là aussi, de mener la politique qui permettra au pays de prospérer.

         Pour mettre ces mesures en oeuvre, le candidat élu dispose, entre autres, de cette entité que l’on nomme « l’Etat ». C’est donc au candidat en fonction de choisir où mettre les forces de cet Etat afin de réaliser la meilleure politique possible. Or, c’est là que le bas blesse : si la puissance de cet état était sans borne (par exemple, un budget sans limite), il suffirait alors de décréter un salaire universel de 2500 € par mois, et tout ne serait que prospérité. (les mauvaises langues diront que plus personne ne travaillerait, donc nous n’aurions plus le système de santé etc, mais bon, ce n’est pas le sujet de cet article). Or, l’Etat n’a pas une puissance infinie : il dispose d’un budget, tributaire essentiellement des impôts et taxes, et d’un personnel : les fonctionnaires.

         Ainsi, pour permettre au pays de « prospérer » mais en prenant en compte les moyens à sa disposition, l’Etat doit prendre des décisions sur les mesures prioritaires à court et long terme à mettre en oeuvre. C’est ici que les courants politiques, les partis et les différents programmes naissent et c’est également ici que le citoyen votant va se positionner, ou pas, derrière l’un de ces courants.

         Instinctivement, s’il considère que l’Etat peut lui venir en aide, le citoyen se tournera vers le courant politique lui promettant cette aide : vous êtes handicapé moteur, vous vous tournerez vers le courant proposant indemnité et mise en place de structures facilitant votre prise en charge, vous avez beaucoup d’enfants, ce sera l’optimisation des allocations familiales, vous êtes sans emploi, ce sera l’indemnité de chômage et la politique de créations d’emplois, vous êtes chasseur, ce sera la valorisation des périodes de chasse, pour la/le jeune entrepreneuse/eur, ce sera la mise en place d’un chômage pour les auto-entrepreneurs, vous vivez dans un lieu à fort taux de délinquance, vous vous voudrez que l’accent soit mis sur la sécurité et les services de maintient de l’ordre, pour l’ami des animaux, ce sera la mise en place d’une politique d’arrêt de la maltraitance animale à des fins de consommation. Bref, les lectrices et lecteurs averti(e)s que vous êtes avez saisi l’idée générale!

         Or, comment expliquer que les préoccupations de chacun soient si différentes? Après tout, nous sommes tous les citoyens d’un même pays. Nous aspirons tous à ce que ce pays prospère et que nous prospérions également. Alors comment expliquer tant de différences, de partis, d’opinions? Et bien un début de réponse que j’apporte à cette question est la théorie de Maslow. Je vous invite à jeter un coup d’œil au schéma juste en-dessous, en le lisant de bas en haut.

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La pyramide de Maslow, donnant l’ordre des priorités humaines (de bas en haut)

         Maintenant que vous avez regardé, et peut-être lu attentivement ce schéma, je vais l’expliquer rapidement. Ce schéma est appelé la pyramide de Maslow. Il représente la hiérarchisation de nos besoins. Pour vous l’expliquer simplement, vous devez avoir comblé vos besoins d’un niveau pour passer au niveau supérieur (si vous tiquez sur « sexualité » sache que c’est dans un sens large! ^^ Sans mauvais jeu de mots).

         Grosso modo, si vous êtes mort de faim, vous vous soucierez de vous nourrir plutôt que de chercher un abri. Si vous êtes poursuivi par des loups, le fait de recevoir de l’affection vous sera bien égal, et enfin, si vous n’avez ni ami, ni amour (que vous êtes complètement seul en gros), vous vous moquerez d’être estimé par des inconnus. C’est très imagé, mais c’est l’idée générale de ce type de modélisation.

         Sachez qu’il y a une autre manière de comprendre cette pyramide : plus on descend, et plus le besoin considéré est important pour la survie de l’individu : la nourriture, l’eau, le sommeil, sont les plus importants de nos besoins. A contrario, l’accomplissement de soi est totalement futile pour survivre. Mais prise dans l’autre sens, donc de bas en haut, cette pyramide représente ce que nous désirons le plus. Un exemple assez simple pour s’en convaincre : l’amour de votre vie, donc vous êtes très amoureuse/eux, est dehors dans un grand blizzard et il est l’heure du repas, vous avez très faim. Quelle sera votre désir le plus fort : manger une bonne fondue, ou vous jeter dans le froid pour secourir la personne que vous aimez? (Bon, la réponse est évidente : vous faites une fondue à emporter en la mettant dans une belle baguette de pain, version kebab savoyard, et vous allez chercher l’autre pas doué(e) qui s’est pommé(e)en béquetant votre pitance 😉

         Je pense que vous voyez où je veux en venir : chaque citoyen en est à son propre niveau sur cette pyramide, donc ses préoccupations sont différentes. Quelqu’un qui n’a pas assez d’argent pour nourrir sa famille sera préoccupé par le niveau « besoin physiologique » alors que quelqu’un qui a assez d’argent, une famille, la santé, une activité professionnelle épanouissante, cherchera « l’accomplissement de soi ». Cet accomplissement de soi passant, fréquemment, par une action altruiste. Ainsi, on peut donc voir se dessiner les différents courants politiques, et comprendre pour quelles raisons chacun rallie l’un ou l’autre de ces camps.

         Or, en discutant avec des personnes de tous les bords politiques, je me rends compte qu’un phénomène de diabolisation s’opère dont j’ai parlé dans cet article. En effet, on constate que des stéréotypes négatifs se mettent en place lorsqu’une personne s’imagine le camp adverse. Parmi ces stéréotypes, on citera le bobo chômeur de gauche, le vieux vétéran raciste, l’écologiste fumeur de joints, le centriste sans opinion réellement marqué, le libéral de droite obsédé par l’argent avec son pull de jeune premier, le prolétaire crasseux d’extrême gauche, bref, je pense que vous avec saisi l’idée.

         Le problème, c’est que ce phénomène de diabolisation et de « stéréotypage » s’opère chez beaucoup et parfois, il aveugle les gens. Aussi, j’aimerais rappeler à celles et ceux qui sont arrivés jusqu’ici que l’herbe n’est pas forcément plus verte dans le jardin d’à côté.

         Oui, les médecins gagnent beaucoup d’argent. Mais pendant au moins 10 ans, ils doivent apprendre leur métier. Pendant leur internat (3 ans minimum), ils travaillent comme médecin à part entière, mais sont au final payés au niveau SMIC étant donné leurs horaires. Ils ont d’énormes responsabilités, et doivent donner le change malgré toutes les horreurs qu’ils voient : vous voyez-vous annoncer à un père qui a eu un accident de voiture la mort de son enfant de 8 mois qui était avec lui lors de la collision, puis repartir pour 9h en garde afin de soigner d’autres patients?

         Oui, les professeurs ont beaucoup de vacances. A côté de cela, ils doivent donner le change avec des centaines d’enfants/d’adolescents turbulents, avec les problèmes que l’on rencontre à ces âges, ils doivent composer avec les parents inquiets, en colère, absents, ils doivent préparer leur cours, se mettre à niveau avec les nouveaux outils d’enseignements, corriger les partiels, participer à la vie administrative de leur établissement.

         Oui, le personnel de la SNCF est toujours en grève. Mais c’est ce personnel qui doit gérer les retards et incidents liés au vieillissement des structures et aux imprévus tels que des suicides, des animaux sur la voie ou des risques d’attaques terroristes. Ce sont eux qui doivent quotidiennement traverser la France, et ce sont eux qui ont des horaires de travail allant de 4h à 3h le lendemain.

         Oui, le personnel de la voirie se tourne les pouces sur le bord de la route. Mais heureusement qu’ils sont là pour boucher les trous dans la route l’été par 40°C, ou bien pour déneiger une route et réparer une voie l’hiver par -15°C.

         Oui les infirmières passent leur temps à se plaindre. Mais en même temps, comment faire autrement lorsque l’on doit littéralement essuyer les fesses des patients inaptes à le faire eux-mêmes? Comment faire autrement lorsque l’on est de garde à 3h du matin et que l’homme complètement saoul dont on tente de nettoyer la plaie vous agresse physiquement?

         Oui, le plombier est toujours en retard. En même temps, il doit traverser la ville pour venir à 20h chez vous s’occuper de votre robinet qui fuit et risque de causer une inondation.

         Oui, cette caissière ne vous a pas répondu « bonjour » lorsque vous l’avez saluée. En même temps, elle vient de passer 4000 articles devant son système de codes barre et il lui reste encore une heure à faire. Elle a vu plus de 150 clients qui lui ont tous dit « bonjour » et à qui elle a répondus. Donc étant donné qu’elle est venue travailler malgré une grippe qui couve, soyez magnanime.

         Bref, vous avez compris (grâce à des stéréotypes scandaleux de ma part), chaque corps de métier a ses bons et mauvais côtés. Si au final, vous considérez qu’il y a trop de mauvais côtés dans le vôtre, et bien changez-en!

         Je vais conclure sur quelques questions à vous posez à vous-même, qui rattacheront les wagons (deux allusion aux trains : CE TYPE EST UN ILLUMINATI SNCF!!!) avec la politique.

        Etes-vous soulagé de vous dire que s’il vous arrive un grave accident de nuit, un service hospitalier gratuit, grâce à la sécurité sociale, prendra soin de vous? Vous trouvez cela anormal de payer cette sécurité sociale alors que votre santé est au top? Mais dites-moi, avez-vous des lunettes? Pouvez-vous garantir que toute votre vie durant, vous n’aurez jamais besoin de soins importants?

         Vous trouvez que vous payez beaucoup d’impôts? Mais dites-moi, est-ce que vous pouvez vous nourrir correctement? Si vous voulez manger du saumon le dimanche, est-ce à votre portée? Avez-vous les moyens de partir au moins une fois par an en vacances à l’étranger? Avez-vous les moyens d’avoir un toit au-dessus de la tête et un lit douillet?

         Etes-vous content de vous dire que le vendredi venu, vous pouvez rejoindre vos amis, votre famille, votre amour? Pensez-vous que ces deux jours de congé soient si futiles qu’on puisse décemment permettre sans aucun problème le travail le dimanche?

         Avez-vous une famille? Est-elle en bonne santé? Pouvez-vous la voir aussi fréquemment que vous le voulez?

         Avez-vous au moins 3 amis sur lesquels vous savez pouvoir sincèrement compter?

         Bien que je pense être parmi les privilégiés, il me semble cependant que beaucoup peuvent se targuer d’avoir autant que moi, et donc d’avoir l’essentiel pour en pas être trop « revendicateurs » et au contraire, de pouvoir se considérer satisfaits de ce qu’ils ont dans la vie. Chacun sera juge pour sa propre situation. En ce qui me concerne, je n’ai jamais adhéré à un véritable courant politique car chacun a sa part d’ombre et de mauvaise foi, et surtout, son incohérence, chose que je n’aime pas beaucoup, et surtout, je pense qu’aucun ne peut apporter de solution à toute la population : par un effet de vase communicant, lorsque vous mettez des moyens sur une question, une autre reste en suspend.

         En ce qui me concerne, je sais que je peux manger à ma faim, me laver régulièrement, aller boire des coups de temps en temps au bar, partir n’importe où en France, et dans les pays limitrophes. J’ai de quoi faire un peu de sport, j’ai des amis que j’apprécie et qui, je l’espère, m’apprécient en retour. J’ai la chance de savoir nager, d’avoir appris à conduire, de savoir et pouvoir skier de temps en temps. De manière générale, je pense que j’ai beaucoup de chance, et par conséquent, je pense que mes choix politiques doivent prendre en compte cela et contribuer à aider des « plus démunis » que moi, et surtout, doivent prendre en compte que certains choix sont judicieux pour les 5 prochaines années, mais ne le seront pas pour la décennie, voire le siècle suivant.

         Cet article n’a pas vocation à être une leçon de morale. Il se veut simplement être un rappel : le rappel que nombre d’entre nous ont déjà beaucoup, et qu’il faut en être conscient, reconnaissant, et savoir dans quelle mesure on peut rendre ce pays meilleur, ce pays qui nous a au final beaucoup donné en permettant à notre mère d’accoucher dans un lieu décent et sécurisé, en nous éduquant gratuitement, en instaurant un climat où règne majoritairement la sécurité, et nous permettant d’être, dans l’ensemble, des êtres libres.

         Je conclurai donc là-dessus : vous trouverez toujours plus riche, plus libre, plus heureux que vous, mais également plus miséreux, plus triste ou plus esclave que vous. Mais apprenez à voir toutes les belles choses qui font partie de votre vie, et si certaines, importantes pour vous, vous manquent, voyez ce que vous pouvez faire pour les obtenir. Et si en dépit de vos efforts, elles vous échappent, alors, utilisez ce droit de décision que constitue le vote pour essayer d’obtenir grâce à l’aide de la société l’objet de vos désirs.
(#PasUnePromoDeLaProstitution) Mais lors de ce choix, rappelez-vous : est-ce que ma revendication est juste? Est-ce que l’Etat pourra réellement m’aider, ou bien déplace-je le problème? Et surtout : est-ce que je suis en accord avec moi-même en faisant ce choix?

         Sur ce, je vous souhaite une bonne continuation, et vous remercie d’avoir lu cet article jusqu’au bout.

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