Le monde vegan et le végétalisme

Un débat, devenant de plus en plus houleux ces dernières années, anime notre société moderne : celui entre les omnivores et les vegans.
Tout d’abord, définissons le véganisme: il s’agit d’un mode de vie selon lequel, les humains ne consomment aucun produit issu de l’exploitation animal : ni viande, ni poisson, ni oeuf, ni miel, ni produit laitiers, ni cuir, ni laine, ni soie, ni produit ayant-été testés sur des animaux. L’un des fondements de ce mode de vie est donc une alimentation végétalienne et la volonté de respecter tout être vivant (hors plantes et champignons, pour les bactéries je ne sais pas :P).

Je vais tout d’abord expliquer les circonstance dans lesquelles je me suis intéressé à ce régime alimentaire : initialement, avec ma pratique du sport, j’ai du prêter davantage attention à ce que je consommais. Je suis tombé sur des articles et vidéos ventant le végétalisme/véganisme/crudivorisme comme régime alimentaire « miracle ». Je me suis dit que je privilégiais ma santé et si effectivement ne pas consommer de produits d’origine animale aidait à être en bonne santé, pourquoi pas? (cela aidant dans le même temps la cause animale). Finalement, je ne suis pas végétalien, donc vous voilà spoilés sur la conclusion de mes recherches, je vais cependant essayer de clarifier un peu tout cela.

I) Le régime vegan est-il suffisant pour l’humain :

Dans les grandes lignes, oui. Cependant il y a plusieurs bémols. Voilà plusieurs inconvénients que comportent ce régime alimentaire :

absence de vitamine B12 : Cependant, il est possible de consommer de la vitamine de synthèse, mais j’y reviendrai dans la partie « Incohérences ».

les protéines : Si vous êtes motivés, l’explication complète est juste après. Brièvement, les protéines végétales ne sont pas complètes, il faut donc mixer correctement les végétaux/légumineuses pour permettre au corps d’utiliser au mieux les protéines végétales.

Longue explication : le grand argument que l’on jette souvent au visage des vegans. Il faut savoir que la viande et le poisson contiennent à peu près 20g de protéines pour 100g d’aliment. Quand on sait que pour le riz, il y a 3g de protéines pour 100g, dans le quinoa 13g pour 100g (et pour ces deux féculents, on parle bien sûr de leur forme crue), la quantité de protéines végétales peut laisser sceptique. Le contre-argument vegan consiste à citer des aliment vegans ayant une forte teneur en protéines : lentilles vertes avec 24g de protéines pour 100g, ou le soja avec 40g de protéines pour 100g. On voit donc que dans la théorie, un régime vegan semble offrir largement assez de protéines.

Or il y a deux problèmes d’ordre physiologique qui entrent en jeu. Le premier problème est que ces protéines végétales sont plus difficilement assimilées par le corps que les protéines animales, mais il suffirait de manger davantage d’aliments protéinés. Or, apparaît le second problème : aucune protéine d’origine végétale n’est complète! Qu’est-ce que cela signifie? Et bien les protéines sont des molécules composées de sous éléments appelés acides aminés. Notre corps est capable d’en synthétiser un grand nombre à partir de protéines qu’il va briser. Or, il existe 10 acides aminés (dits « essentiels ») que notre corps ne sait pas synthétiser. Il va donc devoir les puiser dans l’alimentation. Une protéine est dite complète lorsqu’elle contient ces 10 acides aminés, et c’est le cas des protéines animales. Alors, en quoi est-ce un problème que les protéines végétales ne soient pas complètes? Et bien cela signifie qu’il faudra associer plusieurs types de sources végétales pour avoir tous les acides aminés nécessaires, or, ce type de source ne sera pas effective.En effet, pour produire les protéines, notre corps a besoin que tous les acides aminés soient présents dans le sang. Il existe cependant une loi, appelée loi du minimum, selon laquelle le corps ne fabriquera de protéines que s’il a tous les acides aminés pour les faire, et l’acide aminé le moins présent sera l’élément réducteur car c’est sur son ratio que se basera l’organisme pour travailler. En gros, si votre organisme désire fabriquer la protéines A-B-C et que votre alimentation contient 6 A, 2 B et 7 C, votre corps ne pourra faire que 2 protéines A-B-C. La conclusion est la suivante : il est possible de synthétiser des protéines à partir de l’alimentation vegan, cependant, cela demande de bien réfléchir aux associations de végétaux que l’on réalise et il faut le faire dans les bonnes proportions, chose qui n’est pas nécessaire avec les protéines d’origine animale.

-la vitamine D : une alimentation végétalienne ne contient pratiquement pas de vitamine D. Il est donc important de s’exposer régulièrement au soleil (condition nécessaire pour que le corps synthétise lui-même cette vitamine).

-le fer : très présent dans la viande, il n’est présent que dans certains aliments, comme par exemple les lentilles. Il convient, une fois encore, d’être attentif à consommer suffisamment des aliment nécessaires, en effet, une carence en fer crée une anémie, responsable d’une forte fatigue et plus grave si prolongée.

On pourrait encore citer la créatine, les graisses saturées etc.

Grosso modo, la majorité de ces éléments peuvent se trouver sous forme de suppléments (mais pas forcément d’origine vegan), et ils ne sont pas tous indispensables au fait de rester en vie. Le fait de ne pas consommer de viande, et donc de ne pas avoir d’apport correcte en graisse saturée, est directement relié à une baisse de la testostérone, mais cela n’empêche absolument pas de vivre en effet.

En conclusion pour cette partie, il apparaît que le régime vegan nécessite d’être très vigilant sur son alimentation afin de trouver tout ce dont le corps a besoin pour fonctionner. De plus, il est nécessaire de veiller à avoir une bonne supplémentation pour ne pas présenter de carence sur le long terme.

II) Le problème de cohérence du véganisme :

Je vais pointer du doigt dans cette partie le véganisme radical. En effet, je pense qu’il est important de différencier les personnes qui font de leur mieux pour ne pas nuire au règne animal et celles qui vont s’offusquer parce qu’on a pratiqué une heure d’équitation dans l’année ou parce qu’on a consommé une fois dans l’année du fromage de chèvre bio……enfin bref, vous voyez l’idée. C’est cette deuxième catégorie que je vise.

Une majorité des vegans ont un téléphone portable, un ordinateur, Internet, un appareil photo numérique etc….rien que cela brise complètement leur cohérence, mais pour s’en rendre compte, encore faut-il avoir un peu de culture générale.
Pour fabriquer des produits au sein de l’industrie de la micro-électronique, il faut un ensemble d’éléments chimiques nommés terres rares. L’extraction de ces éléments est catastrophique pour l’environnement, et donc, pour toutes les espèces animales habitant les lieux d’extraction.
En outre, la production de ces appareils reposent sur des pays tels que la Chine, la Corée, dans lesquels les rémunérations et conditions de travail sont tellement catastrophiques que les firmes en sont arrivés à installés des barreaux aux fenêtres des habitations des ouvriers afin de limiter le nombre de suicides…quelle logique y-a-t-il dans le fait de ne pas vouloir consommer d’oeuf de poules car « elles ne sont pas libres » si on tolère que des individus de notre propre espèce soient traités en esclaves? On peut également poser la question de la légitimité de la chose : manger est nécessaire pour vivre, posséder un portable dernier cri, non, un ordinateur non plus etc.
Enfin, je doute que parmi que les vegans aient stoppé les voyages nécessitant avions et autres moyens de transports. Que ce soit l’impact écologique, les animaux blessés car se trouvant sur la trajectoire (moustique sur un pare-brise, oiseau dans un réacteur d’avion, animaux broyés par une hélice de navire etc), le mal fait au monde animal par nos déplacements est également réel…toutes ces choses, faisant partie intégrante de nos vies, portent atteintes aux animaux, et cependant, les végans les pratiquent toujours, d’où l’incohérence.

Je pense que nous pourrions trouver encore beaucoup de raisons, mais cela suffit déjà à démontrer qu’une existence vegan cohérente est pratiquement impossible, et sans doute, que les plus revendicateurs d’entre eux devraient se rendre compte de l’incohérence de certains de leurs agissements.

NB: la philosophie du « faire de son mieux » me semble ici de mise.

III) Les dangers du véganisme :

Je vais citer différentes choses qui me viennent en tête concernant les risques inhérents à ce mode d’existence.

-Le soja : cet aliment, présenté comme l’aliment miracle pour le régime végétalien, car contenant beaucoup de protéines, n’est pas aussi reluisant qu’il semble. D’une part, cet aliment est utilisé dans de nombreuses préparations de substitutions (steak végétariens, saucisses etc) qui constituent des aliments peu sains pour la santé car très transformés, malgré leur appellation « vegan », suggérant qu’elles sont bénéfiques pour le corps. D’autre part, le soja contient une grande quantité d’iso-flavones, se comportant comme des oestrogènes au sein de notre corps. Bien que je n’ai pas réussi à trouver d’études fiables montrant, ou non, la dangerosité de la consommation du soja, je suspends mon jugement. Cependant, de ce que j’ai lu sur le sujet il semble que la consommation, de manière modérée, du soja ne soit pas néfaste pour l’organisme et que c’est à partir d’une certaine quantité que le danger apparaît. Néanmoins, j’encourage entre autres les parents vegans à rester vigilants : il semblerait qu’allaiter les enfants au lait de soja accélère la puberté pour les jeunes filles et la freine fortement pour les garçons.. Comme je l’ai dit, je n’ai rien lu de convaincant, mais j’encourage grandement à appliquer le principe de précaution dans le cas où vous auriez des enfants.

-l’utopie de la solution à tous les maux :
Une chose qui m’a souvent posé problème lorsque je lisais ou regardais des témoignages de personnes vegans était le fait qu’en gros, ce régime alimentaire est un remède à tous les maux : plus d’énergie, moins de maladie, moins de mal-être, une meilleur conscience du monde, un impact écologique moins fort etc. Ce qui me pose le plus gros problème dans ce genre de discours, c’est que c’est celui qui est tenu par les sectes et les partis politiques extrémistes. Je ne vais pas écrire un article sur les méthodes d’embrigadement, mais gardez cela à l’esprit : lorsqu’on vous présente une chose comme la réponse à tous vos problèmes, il y a forcément un problème dans l’équation.

-la vision inquisitrice du veganisme :
« les carnistes méritent-ils de vivre? ». Lire ce genre de titre dans une vidéo promouvant le veganisme est plutôt déroutant pour faire l’apologie d’une idéologie reposant sur la tolérance. Même entre eux, beaucoup de vegans sont très virulents : si quelqu’un commet un impair, une bonne partie de la communauté lui tombe dessus….j’ai déjà vu les plus virulents d’entre eux faire un procès d’intention à certains de leur membre parce qu’ils avaient pratiqué de l’équitation une fois dans l’année, ou bien goûter du fromage de brebis de montagne etc…..Ce type de comportement (qui n’est, heureusement pas la majorité au sein de la communauté vegan) donne cependant une très mauvaise image.

-une solution unique pour tous :
Ce mode de vie et ce régime alimentaire sont présentés comme très biens pour tous. En ce qui concerne le régime alimentaire, je pense qu’une fois de plus il y a un problème. De la même manière que certains ne digèrent pas ou plus le lait, que d’autres sont intolérants au gluten, que certains sont allergiques aux arachides, il est aberrant de présenter un mode d’alimentation comme LA solution. Chaque personne est différente (j’adore ce genre de phrases bateaux et consensuelles :P), c’est pourquoi, certains peuvent trouver leur épanouissement dans une alimentation végétalienne, alors que d’autres ne le supporteront pas forcément très bien (et je parle du point de vue de la santé).

La conclusion n’est pas très compliquée : les absolus sont rarement bon, autant dans la vie que dans l’alimentation, et il faut savoir mettre de l’eau dans son vin.

IV) Apologie du véganisme :
Jusqu’à maintenant, je n’ai pas été tendre avec ce mouvement qu’est le véganisme. Je tiens cependant à souligner que je respecte tout à fait ce choix de vie et que je suis très admiratif de ceux qui s’y astreignent et l’ont choisi. C’est quelque chose de courageux et contraignant, mais c’est un choix très noble. Dans cette partie, je vais énoncer les différentes bons côtés de ce mouvement :

-une nourriture riche en nutriments :
Le fameux conseil « 5 fruits et légumes par jour » soulève un problème simple de notre société : nous ne consommons pas suffisamment de nourriture contenant vitamines et oligo-éléments. Or, ce type de nourriture regroupe essentiellement fruits et légumes. Une alimentation végétarienne/végétalienne sera donc souvent associée à un regain d’énergie, cela s’expliquant par le fait qu’en l’adoptant, on augmente la quantité de vitamines ingérées, ce qui peut aider à se sentir mieux.

-une baisse de poids :
Et oui, en consommant vegan, généralement, on va consommer des produits moins caloriques et moins transformés. Ainsi, on bénéficiera d’une perte de poids, ce qui est positif pour la majorité de la population car  dans la denrière décennie, l’obésité gagne du terrain dans les pays développés.

-une alimentation moins transformée :
La majorité de la nourriture vegan est (était) issue de fruits et légumes, or, une nourriture non transformée et donc dénuée de conservateur et autres nécessitent moins de travail de filtrage par l’organisme, ce qui a un impact positif sur lui. Cependant, comme je le disais plus haut, les industriels s’intéresse de plus en plus au marché vegan et créent des produits, transformés, qui malheureusement vont sans doute devenir néfaste pour la santé comme le sont déjà les produits non vegan.

-prise de conscience :
Effectivement, grâce au mouvement vegan, le commun des mortels est mis au courant d’atrocités de l’élevage de masse. Cela pourra peut-être un jour agir sur notre société comme une piqûre de rappel que la viande est un met qui était cher et rare il y a un demi siècle, et qu’il faudrait en privilégier la qualité plutôt que la quantité (cela allant de paire avec un meilleur traitement des animaux).

En conclusion, je pense que si notre société se met un jour à être vegan, ce sera par nécessité plus que par choix. Je remercie les membres de la communauté vegan d’essayer de sensibiliser leurs pairs à certaines atrocités de notre société, et je les remercie pour cette prise de conscience car je pense que c’est de la contradiction au sein d’un groupe qu’on arrive à tirer une amélioration pour ce groupe.

Pour conclure cet article, j’encourage les personnes désireuse de se lancer dans ce mode de vie à bien se renseigner, et à ne pas s’y accrocher comme on s’accrocherait à une religion. Je souhaite bon courage aux vegans pour leur lutte pour le droit des animaux, en leur rappelant de ne pas oublier un des piliers du véganisme : la tolérance (cela étant valable pour les omnivores également).

Je vous mets en lien quelques sites et vidéos intéressantes sur le sujet.

A bientôt,

H

Pour aller plus loin :

Voilà une vidéo en deux parties d’une interview de Robert Masson :
Partie 1

Partie 2

Voilà 2 articles sur les dangers du véganisme :

Lien 1

Lien 2

Enfin, une étude menée sur un groupe végétalien, un groupe omnivore avec viande consommée avec modération et régime de vie sain, omnivore sans régime de vie spécial etc.

Etude

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